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Je vois une bande annonce très attirante, voire même alléchante et je me dis, en mon for intérieur ainsi qu'à mes voisins (Juliette et Yannick en l'occurrence) : "Heurgh ! Voilà un film que je vais aller voir !".
Alors évidemment les finances étant ce qu'elles sont en période de fêtes, ça a été plus long que prévu mais finalement à force de persévérance, me voilà dans la salle avec ma vénérable génitrice que j'ai réussie à traîner en évitant de lui préciser le genre cinématographique du film (fantastique, elle déteste) et en insistant sur la présence de Nicole Kidman (une des rares actrices qu'elle trouve à la fois belle et bonne… actrice, bien entendu !). Je commence donc à me délecter à l'avance de cette histoire de fantômes que les critiques annoncent pas mauvaise du tout sans donner trop de détails toutefois (il faut dire aussi, que j'évite de lire trop de critiques avant d'aller voir un film, afin de ne pas être dégoûtée avant ou déçue après !) . Et là je lâche le morceau à la mère : "au fait, je suis pas sûre que ça te plaise : c'est une histoire de fantômes !". Alors hauts cris de la vénérable : " Quoi ? mais tu veux que je fasse des cauchemars pendant six mois, etc ! ". Et moi, de la rassurer : "Meu nan ! Fantastique ne veut pas dire horreur ! Tu confonds tout ! et pis t'as aimé Le sixième sens !" (pour ceux qui auraient vu les films, Les autres et Le sixième sens, vous noterez mon pouvoir de divination !) Après cette intro un peu longue, certes, entrons dans le vif du sujet, c'est-à-dire la critique du film : je dirais : TRES BON ! voilà maintenant pour en savoir plus, allez le voir ! Je plaisante bien sûr et je vais quand même vous en toucher deux mots. |
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"Le sujet de "Ghosts of Mars, dit John Carpenter, c'est la guerre." En une phrase succincte, l'un des réalisateurs les plus atypiques d'Amérique qui, depuis presque trente ans, filme les ténèbres, la peur et le combat d'une humanité en passe d'être déshumanisée, donne le ton de sa dernière oeuvre : quatre-vingt-dix minutes de sang et de feu dans une lumière de soleil couchant. On aurait tort cependant de ne voir dans ce film de guerre qu'une version de plus de l'éternel conflit entre bons et méchants. Certes, Ghosts of Mars a tous les ingrédients du genre, mais tout se passe comme si Carpenter infiltrait les conventions pour les déjouer malicieusement et qu'il mettait dans ce détournement sans tapage une sorte de ténacité lasse, de passion douce. Comme, de plus, ses moyens financiers sont limités, que de Mars il ne filme qu'un périmètre circonscrit une petite ville minière et de la guerre seulement quelques explosions, on se sent immédiatement ailleurs. Sur Mars en 2176, certes, mais très loin de la guerre des étoiles, dans une sorte de no man's land abstrait, sauvage et crépusculaire, où, en guise de machines volantes et autres bolides du troisième millénaire, on a affaire à un vieux train pépère qui largue un commando de flics au coeur de la mine. |
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Dans le dernier Ansible, nous évoquions le phénomène de société qu'est la série de livres écrite par J.K. Rowling, Harry Potter. Comme beaucoup de succès en librairie, c'est devenu un film (euh, pardon, une série de films, puisque le second volet sera probablement terminé à l'heure où vous lirez ces lignes…). Mais comme vous le savez, l'adaptation est très rarement à la hauteur de l'œuvre originale (à l'exception du Nom de la Rose, par exemple). Eh bien, Harry Potter à l'Ecole des Sorciers ne déroge pas à cette règle, même si l'ensemble reste d'une bonne facture. Recentré sur l'intrigue principale (l'arrivée de Harry et sa première année à Poudlard), le réalisateur (Chris Columbus, tâcheron de Mrs Doubtfire et L'Homme Bicentenaire, pour ce qu'il a fait de mieux) a oublié d'insuffler du rythme à ce premier opus. L'histoire originale fourmille de mille petits détails, d'intrigues sous-jacentes, certes difficiles à intégrer dans 2h30 de métrage. Le premier défaut qui saute aux yeux est le décor ; tout est trop propre, trop neuf… Harry et ses amis semblent étudier dans le Château de la Belle au Bois Dormant à Eurodisney, alors que l'atmosphère des bouquins est plutôt sombre. Le jeune acteur qui incarne le héros, Daniel Radcliffe, est trop propre sur lui pour être crédible ; de plus, il ne s'étonne de rien de ce qui lui arrive, alors que Harry Potter vient de l'extérieur du monde de la magie. Au sein d'un casting uniquement composé d'Anglais (exigence de Joanne Rowling), on relèvera surtout les seconds rôles, les amis d'Harry (Ron et Hermione), le géant Hagrid ou encore Rogue (Alan Rickman, seule " star " du casting). A qui la faute ? A Columbus donc, gros feignant qui n'a pas lu les bouquins (laissant le soin à sa fille de 11 ans de le conseiller !), mais aussi au studio, la Warner, qui comme tous ses congénères, musèle l'esprit artistique pour faire dans le commercial et l'hypocrisie du politiquement correct. Tout cela ressemble au Spielberg de ces dernières années, me direz-vous, et vous n'auriez pas tort, car l'ombre du réalisateur d'E.T. plane sur le film et sur la suite, car après avoir laissé tomber l'adaptation du premier Harry Potter, il dit s'intéresser de près à celle du troisième, Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban. Dire qu'on a failli avoir un Harry américain, entrant dans un collège typiquement américain, avec des lycéens complètement américains… Brrr ! Rien que d'y penser, cela me donne des boutons ! Même s'il était prévu qu'Haley Joel Osment (le prodige de Sixième Sens et de A.I.) joue le rôle-titre…Pour les fans de l'œuvre romanesque, c'est une semi-déception ; pour les autres, un film pour enfants à l'intérêt moyen. A noter cependant un bon point, la restitution vigoureuse et prenante des parties de Quidditch, le sport des sorciers. Chris Columbus a fait sa Menace Fantôme ! |
Jean-Michel Truong est quelqu'un de tout à fait étonnant. Alors qu'il n'est pas à proprement parler un écrivain de "science-fiction", son livre Le successeur de pierre remporte en 1999 le Grand Prix de l'Imaginaire du meilleur roman français de science-fiction. Ce livre, dont l'action se situe dans un futur proche où la moitié de la population du globe vit dans des habitations isolées du monde extérieur, pratique le "Zéro Contact" et ne communique plus que par le biais d'avatars "interactifs", nous propose de nous interroger sur le devenir de l'espèce humaine, et de l'intelligence. En effet, l'une des thèses de Jean-Michel Truong, que son livre met admirablement en scène, est que l'espèce humaine n'est pas la fin de l'univers, mais principalement (uniquement ?) le porteur, le véhicule de l'intelligence, qui vise à "se répandre dans l'univers et le coloniser". Alors que de très nombreux livres de science-fiction traitent le sujet en envoyant l'homme dans des vaisseaux spatiaux à la conquête d'étoiles toujours plus lointaines, Truong, lui, fait dire par un de ses personnages que les vols spatiaux ne sont que "vaines foutaises" et que : "en vérité (...), l'espèce humaine ne quittera jamais la banlieue terrestre". Voilà qui va sans doute en démoraliser plus d'un. En fait, Truong va encore plus loin, et écrit : "L'homme n'est pas le vecteur approprié pour répandre la vie dans les étoiles." Mais ce n'est pas si grave, car l'homme a bien d'autres choses à faire, et notamment, se trouver un successeur... Et c'est là qu'intervient la pierre du titre. Le minéral, contrairement au végétal ou à l'animal, dure. Il est plus résistant, plus solide, il est... le véhicule idéal. De l'intelligence. En fait, il y a des aspects de ce livre qui ne sont pas sans rappeler le magnifique Les Enfants d'Icare, d'Arthur C. Clarke, qui mettait en scène la fin de l'espèce humaine, dépassée par ses propres enfants. L'espèce humaine n'existait plus en tant que telle, mais se transcendait en... quelque chose d'autre, qu'elle ne comprenait pas tout à fait. Fascinant. | ![]() |