AVANT-PROPOS


Enfin ! J’ai enfin réussi à écrire une cinquième nouvelle. Comme l’a si bien écrit un jeune auteur de mes amis, mes tiroirs sont remplis de notes, d’amorces de récits, de débuts de romans.

Peut-être un jour viendront-ils faire suite à ce premier pentacle. Cela fait plusieurs années (mai - juin 1995 ) qu’il était prévu ; mais j’attendais le sujet qui me permettrait de mener un très court récit à son terme.

Il aura donc fallu un double séjour en famille dans ce magnifique pays qu’est la Bretagne pour que cela arrivât.
En effet, passionné depuis tout petit par les légendes en tout genre, je suis tombé fou amoureux de la tradition celte pendant l’été 1988.
Les alignements de Carnac, le fonds littéraire arthurien (dégusté plus tard ) et, depuis cette année, les côtes de granit rose et d’émeraude (qui ne sont pas évoquées dans Voyage en Bretagne) ont captivé mon imagination, paraît-il fournie.

J’ai donc évoqué un sujet personnel, qui me tenait à cœur, les légendes bretonnes. Cela dit, j’ai mixé la soupe à ma façon, car, possédant plusieurs ouvrages sur la question, je ne les avais pas encore lus à l'époque. Dans mon œuvre (mes nouvelles n’en sont qu’un pan), je me suis attelé à recracher (terme impropre, car écrire est pour moi un plaisir) mes lectures, qui sont nombreuses mais toutefois peu diverses.
Elles ont presque toutes comme trait commun... l’imagination justement. Le premier grand choc date de l’été 1989.
Toujours en vacances avec mes parents (mais en Provence dans un petit village nommé Aiglun ) nous nous retrouvons en panne de voiture ; obligés de rester dans l’appartement, nos journées se passent à écouter la radio et à lire.
J’avais eu l’idée (géniale ) d’acheter toute une série, un cycle de romans écrits par J.R.R. Tolkien, intitulé Le Seigneur des Anneaux. Je devais passer six à huit heures par jour (je lisais moins vite à l’époque ) à dévorer ces livres de poche illustrés de petits êtres aux pieds poilus et de cartes aux noms obscurs. Pour la première fois je rencontrais le génie, le don d’écrire alliés au merveilleux proche du conte.
Pour moi Tolkien est l’équivalent d’un dieu ; il a su créer un monde, avec ses coutumes, sa société, sa géographie... Du coup, je possède chez moi l’intégralité de son œuvre parue en France, sa biographie et même un texte inédit ! De là vient mon goût pour le merveilleux et la poésie. Merci, John.

Mon second mentor se nomme Stephen King, le roi de la terreur, le vampire d’un certain nombre de mes nuits.
Je sais, ce nom est une honte pour les étudiants en lettres, mais je suis enclin à penser (vu son succès phénoménal en France) que beaucoup en sont fans. Ce qui me plaît chez lui ? Son sens inégalable de la narration ; vous ouvrez Carrie ou La part de Ténèbres et vous ne pouvez plus vous en échapper. J’ai attrapé le virus en seconde et je le porte toujours en moi.
En plus de ses effets - gore -, l’auteur le plus terrifiant de cette fin de siècle sait être sensible mais aussi mordant. Des études critiques commencent à être publiées et c’est probablement un signe.
Il va me falloir du temps pour approcher son niveau.
Voilà, vous savez presque tout sur mon inspiration. Je lis pas mal de science-fiction, surtout la branche «fantasy», proche parfois de Tolkien.
Michael Moorcock est au rayon de mes grosses lectures, pour sa vision manichéenne, cynique d’une fin du monde où le surhomme erre à la recherche de son identité, en proie à son instinct et à ses réactions passionnées face aux dieux (wouwvv ! Quelle phrase !).
Mes étagères (surchargées !) contiennent aussi des classiques français de tous temps, plus en rapport avec mes études. Je vais donc passer à une présentation succincte des nouvelles qui composent ce recueil.


Tout d’abord, il y en a deux que je mettrais sur un pied d’égalité ; il s’agit de Souvenir d’Espace et Le Sixième Doigt.
Ce sont des œuvres de commande, si je puis m’exprimer ainsi, car écrits pour participer à deux concours universitaires de nouvelles (en 1994 et 1995 ).

Je ne m’étendrai pas sur le sujet (elles sont déjà très courtes ) mais sachez que, comme le proclame une série télé américaine époustouflante, «la vérité est ailleurs».

Beaucoup de gens dans mon entourage tiennent Le Sixième Doigt pour ce que j’ai fait de mieux. Peut-être est-ce dû à son message d’espoir, contrairement à l’autre qui est, je le reconnais, plutôt catastrophiste (la fin du monde est proche !).

Les deux autres sont d’une inspiration plus libre, plus intime aussi. Il s’est passé une chose étrange avec Gros temps. Je voulais écrire un «petit truc» sur le mythe du loup-garou.
Je laissais mon imagination construire un scénario (un peu faible, à mon goût ) et l’écrivis en une nuit, comme c’est souvent le cas.
Pour les personnages de Pierre et Raquette, je m’étais directement inspiré de mes grands-parents. Ceux-ci, après la lecture de la nouvelle finie, me demandèrent qui m’avait raconté cette histoire.

Ma nouvelle raconte l’attaque d’un poulailler par un loup-garou. Quelques années avant l’écriture, le poulailler de mon grand-père avait été totalement dévasté par des rats et les détails étaient les mêmes. Je me souviens toujours de cet incident...

Voisinage est une histoire vraie ; pas totalement, bien sûr, puisque les noms et l’époque ont été adaptés pour tourner l’affaire en ridicule. Les événements sont réels hélas. La nouvelle est tout spécialement dédiée aux voisins sauf, bien sûr, aux «Labarbe». Je n’ai pas grand chose à dire, sauf que je trouve cela triste.

Voilà ! J’espère que vous aurez autant de plaisir à lire ces nouvelles que j’en ai eu à les réaliser. Merci encore à tous ceux qui m’ont entouré, épaulé et soutenu. Ah ! Encore une chose : ne vous prenez pas la tête : ce n’est pas du Proust. Bonne évasion !

Pessac, le 19 août 1996





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